De Tokyo à Tottori : l’aventure résiliente de Farid au Japon

Farid qui est installé au Japon depuis plusieurs années, a quitté Tokyo il y a deux ans pour s’installer avec sa femme et ses enfants à la campagne près de Tottori. Ce passionné de nature et de permaculture nous raconte son changement de vie, et se livre sur son envie de promouvoir sa région encore méconnue des étrangers.

Farid, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Je m’appelle Farid El Khalki et j’ai 44 ans. Je suis Français d’origine marocaine mais je suis né et j’ai grandi dans le Jura.

J’ai rapidement trouvé ma première expérience professionnelle dans l’informatique grâce à un emploi-jeune à Saint-Claude dans le Jura.

J’ai ensuite été recruté en tant que contractuel au Rectorat de Besançon où j’étais responsable informatique à la DAFCO (Délégation Académique à la Formation COntinue), en charge de tous les GRETA (Groupement d’ETAblissements publics locaux d’enseignement) de Franche-Comté, puis j’ai passé des concours pour devenir titulaire dans l’Education Nationale.

Comme avec mon bac+2, je n’avais pas beaucoup de possibilités d’évolution, j’ai pris des cours du soir au CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers), qui m’ont permis d’obtenir un Master en informatique (ingénierie et intégration informatique : système d’information).

J’ai ensuite travaillé pour les collèges et lycées du Haut-Doubs avant d’intégrer le CLA (Centre de Linguistique Appliquée) de l’Université de Franche-Comté en tant que responsable du service informatique où sont accueillis tous les ans environ 4000 étudiants qui viennent du monde entier. C’était une expérience professionnelle incroyable et enrichissante, c’est d’ailleurs là que j’ai rencontré une étudiante Japonaise qui m’a donné envie de découvrir le Japon.

Je n’avais jamais voyagé et j’ai pris pour la première fois l’avion en 2007 pour me rendre au Japon !

Connaissais-tu déjà un peu la culture japonaise ?

Oui car j’ai grandi dans les années 80′ dans un univers manga et animé ; je suis de la génération « Club Dorothée » ! Je pense qu’il y a beaucoup de Français qui sont venus au Japon grâce à cet univers dans lequel ils ont grandi…

J’ai fait aussi beaucoup de sport mais après avoir eu deux entorses des genoux au handball, il fallait que je trouve une activité physique où les déplacements se faisaient vers l’avant sans forcer sur les côtés, et c’est ainsi que j’ai découvert le Kendo : art martial japonais qui est une version moderne du Kenjutsu, l’escrime au sabre pratiquée autrefois au Japon par les samouraïs.

Avant de commencer le kendo, et avant de me rendre au Japon, j’avais lu le livre « La Pierre et le Sabre » d’Eiji Yoshikawa, qui m’a beaucoup inspiré. C’est l’histoire d’un célèbre escrimeur Japonais Miyamoto Musashi, sabreur inné, le premier à avoir combattu avec deux sabres… Parallèlement à sa progression de sabreur mais aussi d’individu dans le roman, se tisse une histoire d’amour discrète et réservée… J’avais donc ce Japon imaginaire fantasmé !

Comment s’est passé ton premier contact avec le Japon ?

Quand je suis arrivé au Japon pour la première fois, j’ai pris une vraie « claque » !

J’étais venu rejoindre cette étudiante Japonaise que j’avais rencontré à l’Université de Franche-Comté et qui est aujourd’hui ma femme !

Elle m’a emmené dans un ryokan à Nikko, fait visiter le tour de Tokyo, j’ai revu des étudiants que j’avais connu à l’Université…

Quelques mois après, je suis revenu au Japon pour six semaines. Cette fois-ci, avec ma future femme, nous avons traversé le Japon en train jusqu’à Yamaguchi dans la région du Chugoku ; il y a là-bas l’île de Ganryu-jima (anciennement nommée Funashima) où a eu lieu le dernier combat de Miyamoto Musashi en 1612 contre son rival Sasaki Kojiro, et où ce dernier a été enterré.

Nous avons ensuite vadrouillé en sac à dos à travers la campagne japonaise ; on dormait dans des auberges de jeunesse et on a fait des rencontres incroyables avec des gens très accueillants et ouverts !

Pendant ces séjours, c’était le rêve ! Tout le monde était gentil, agréable, et pour la première fois j’ai connu une forme d’absence de pression, d’autant plus qu’il n’était plus nécessaire d’être vigilant en permanence.

Même si je me sens complètement Français, quand tu es Français « d’origine.. », on te ramène souvent à tes racines et à une forme d’extranéité. Au Japon, pour la première fois, je me sentais bien à ma place d’étranger, au même titre que les autres Français.

A quel moment as-tu décidé de t’installer au Japon ?

Après ce séjour, ma future épouse est revenue en France pour son voyage de fin d’études. On est parti ensemble avec des amis faire le tour de l’Europe en road trip. Et c’est après ce voyage qui s’était merveilleusement bien passé que l’on a décidé de vivre ensemble !

Je n’ai jamais pensé un jour quitter mon Jura natal. J’aimais beaucoup ma vie, entouré de très bons amis, une nature luxuriante et de nombreux lacs… jusqu’à cette rencontre !

Ma compagne devait trouver un travail pour notamment rembourser son crédit pris pour entrer à l’Université et elle ne voulait pas laisser ses parents le faire à sa place ; j’ai donc commencé à chercher un travail pour m’installer avec elle au Japon.

As-tu rencontré des difficultés pour trouver un emploi au Japon ?

J’ai pu venir travailler avec un Visa Vacances Travail… de justesse car je rentrais dans ma trentième année.

J’ai rapidement trouvé un poste d’informaticien au Lycée Français International (LFI) de Tokyo. Je suis arrivé dans de bonnes conditions avec un salaire nous permettant de vivre correctement. Ne parlant pas la langue, je n’avais finalement pas eu de difficultés pour trouver un travail, une chance !

Je m’étais imaginé galérer et faire des petits boulots, et finalement grâce à mes études d’informaticien, au fait d’être fonctionnaire à l’Education Nationale (je suis actuellement en disponibilité pour suivi de conjoint) et à mon expérience dans les lycées, j’ai pu obtenir ce poste.

De quelle façon as-tu appris à parler japonais ?

J’ai pris quelques cours lors de ma première année mais c’est surtout en fréquentant les bars à Shinjuku Golden Gai (petites ruelles avec de nombreux bars) et en parlant avec les gens, que j’ai vraiment appris le japonais.

J’ai aussi repris le Kendo au Japon avec un professeur qui ne parlait que japonais, du coup c’est en essayant de le comprendre et de communiquer avec lui que j’ai pu faire évoluer mon niveau de japonais.

Encore maintenant c’est surtout un japonais oral que j’utilise. Je ne suis pas du tout à l’aise à l’écrit. Mais je n’en ai pas eu forcément besoin jusqu’à maintenant.

Dans quel quartier de Tokyo vous êtes-vous installés ?

On a vite déménagé du petit appartement de ma compagne pour s’installer dans le quartier de Koiwa à l’Est de Tokyo.

En 2012, Le Lycée Français International qui était basé initialement dans l’Est de Tokyo a déménagé au Nord, dans le quartier d’Itabashi.

A ce moment là, on s’est marié et on a acheté une maison à Saitama loin de la ville à 1h30 du travail. On s’y sentait bien.

Comment avez-vous vécu cette période ?

Nous avons vécu six années d’une vie simple et parfaite pour nous dans la préfecture de Saitama.

Un seul événement grave a fortement impacté notre vie pendant cette période : le grand tremblement de terre du 11 mars 2011 (suivi d’un tsunami, qui a provoqué l’accident nucléaire survenue à la centrale de Fukushima).

Après avoir passé la nuit dans le gymnase du lycée, et veillé avec mes collègues sur les élèves jusqu’au dernier, parti le lendemain vers 14h, nous étions rentrés chez nous pour suivre les informations. C’est à ce moment-là que nous apprenions l’explosion du bâtiment du premier réacteur.

Une collègue qui était proche des salariés d’une grande entreprise française nous avait informés que des opérations d’évacuation vers Fukuoka dans le Sud avaient commencé.

Nous n’étions pas véhiculés mais nous avions demandé à notre voisin qui avait deux voitures s’il pouvait nous en prêter une, au cas où. Nous étions étonnés de voir que personne autour de nous ne s’était préparé à un tel événement et à une possible évacuation !

Le surlendemain, au moment de l’explosion du deuxième réacteur, nous avons rapidement pris la décision de partir à Nagoya et de nous éloigner du Kanto. L’autoroute était vide ! Quelques collègues nous avaient rejoints là-bas puis nous avions eu une sorte d’errance pendant quatre jours.

Nous avions passé deux nuits à Osaka et étions sur le point de rejoindre les parents de ma femme à Tottori… jusqu’à un message du directeur d’une école de Kyoto nous demandant notre aide car des familles arrivaient.

Ma femme qui travaillait dans une banque à Tokyo n’avait pas hésité à me suivre ce qui n’était pas le cas pour d’autres collègues dont les épouses ou époux pensaient que tout était sous contrôle et qu’il n’y avait pas de raison de paniquer. Il y avait aussi une certaine pression sur celles ou ceux qui voulaient partir loin de Tokyo.

De notre côté, on pensait à Tchernobyl et ses conséquences à long terme… On se posait beaucoup de questions concernant le niveau de radioactivité sur notre santé : « Est-ce que nos vêtements étaient radioactifs ? Est-ce que l’on pouvait sortir dehors sans danger notamment quand il pleuvait ?… »

On a finalement passé trois semaines d’aventures avec d’autres collègues, à monter une école temporaire dans les locaux de l’école de Kyoto ; je m’occupais notamment de recenser les élèves répartis sur toute la zone Asie ainsi que ceux qui étaient rentrés en France !

A notre retour à Tokyo, on a repris notre vie normale mais cette expérience nous a beaucoup marqué. Vivre dans cette situation extrême m’a permis de me rendre compte que l’on était vraiment sur la même longueur d’onde avec mon épouse !

Cette expérience traumatisante a aussi semé quelque chose dans notre esprit, à propos du nucléaire et de l’écologie.

J’ai grandi dans le Jura entouré de forêts et j’ai toujours essayé de garder un contact avec la nature mais la vie tokyoiite est très loin de tout cela.

Après cette expérience, vous êtes quand même restés dans la région de Tokyo ?

Oui, avec la naissance de notre fille en 2014, nous avions même décidé de vendre notre maison de Saitama et revenir habiter dans le centre de Tokyo à Itabashi car elle était inscrite à l’école maternelle du LFI.

Ma femme avait démissionné de son poste à la banque pour prendre un emploi de surveillante au lycée, afin que l’on soit ensemble ; elle était aussi déçue de son expérience là-bas et en particulier de la réaction de son employeur lors du tremblement de terre.

De mon côté, j’étais très actif au niveau syndical. J’aimais porter la voix de mes collègues, participer aux débats pour assurer au mieux notre mission envers les familles et leurs enfants, et faire évoluer les conditions des employés. On a animé des club gratuits de façon bénévole, on a fait avancer les choses, obtenu des primes de départ à la retraite (la retraite japonaise est très faible), des augmentations pour les bas salaires…

Ce travail syndical a fait que je n’étais pas bien vu par l’administration. Les dernières années ont été très tendues, je revenais à la maison souvent très énervé.

Lors de la naissance de notre troisième enfant, on a appris que l’on avait droit à un congé parental de trois ans… tous les deux et en même temps, rémunérés 60% de notre salaire les deux premières années !

En se renseignant au bureau du travail, on nous a confirmé que dans une entreprise de plus de 100 salariés, on a effectivement le droit de prendre un congé parental de trois ans… dès le premier enfant si le règlement de l’entreprise le permet. A aucun moment, nous n’avions eu cette information pour nos deux premiers enfants !

Qu’avez-vous décidé à ce moment-là ?

Avec la pression au travail, j’étais à la limite du burn-out, et j’ai vu cette information comme une opportunité, une façon de pouvoir souffler un peu…

Par ailleurs, un an auparavant avec un ami professeur de sciences au lycée, nous avions pris un jardin partagé communal et il m’avait initié à la permaculture, qui est un concept agricole permettant de créer un écosystème durable tout en respectant la biodiversité.

Cet ami m’a permis de formaliser les envies que j’avais concernant mon idéal de vie. Et vivre en ville, n’était clairement pas mon idéal !

Et c’est ainsi qu’en 2019, on a décidé avec ma femme de prendre ce congé parental de trois ans et d’aller vivre à Tottori. On avait une maison à Tokyo que l’on venait juste d’acheter mais on n’a pas eu besoin de réfléchir longtemps : c’était le bon moment pour changer de vie !

Comment s’est passé le début de cette nouvelle vie à Tottori ?

On voulait acheter une vieille maison abandonnée pour la rénover à la manière des Darumatcha DIY

On avait trouvé une maison d’une centaine d’années que l’on avait acheté pratiquement sur un coup de tête et pour laquelle on avait avancé 8000 euros ; on avait commencé à faire des travaux, à s’occuper du jardin puis on regardant sous la maison, on s’était rendu compte que toutes les fondations (en bois) étaient attaquées par les termites !

On avait essayé d’annuler la vente mais les vendeurs avaient refusé de nous rendre l’argent, et cela nous aurait couté plus cher de prendre un avocat et d’engager une procédure.

J’ai la chance d’avoir une femme qui est zen et qui arrive à relativiser : cette maison n’était pas pour nous, et on avait acquis de l’expérience en travaillant dessus. On avait perdu de l’argent mais on s’est vite remis à chercher une autre maison…

Très vite, nous avons acheté une nouvelle maison plus récente avec de solides fondations située à Kurayoshi, petite ville de la préfecture de Tottori. Nous l’avons payé deux fois moins chère que la précédente en réussissant à négocier une baisse de prix avec le vendeur, ce qui nous a remboursé l’intégralité de la somme perdue dans l’autre maison.

Dans cette maison de 200 m2 avec 800 m2 de terrain, il n’y avait pas grand chose à refaire à part le salon que j’ai rénové entièrement avec l’aide d’un artisan local et quelques amis.

Quelles relations entretenez-vous avec les habitants de Kurayoshi ?

Quand nous sommes arrivés dans ce quartier, on était comme des « OVNIS » pour nos voisins : je baladais mes enfants dans un chariot accroché à mon VTT, nous avions réaménagé tout le tour de la maison avec des bacs pour faire de la permaculture, j’ai fabriqué un poulailler…

Nous avons amené un peu de vie dans ce village perdu où les résidents sont pour la plupart des personnes âgés. L’accueil a ensuite été très chaleureux.

Peux-tu nous en dire plus sur la permaculture et ce que tu as réalisé ?

Lors de l’achat de cette maison, des gens sont venus nous voir pour nous demander si nous pouvions récupérer gratuitement un autre terrain qui fait 500 m2 car ils n’avaient plus le temps de s’en occuper !

On s’est dit que c’était l’opportunité de pouvoir se lancer vraiment dans la permaculture et cultiver différents produits de façon durable tout en respectant la terre. Mais au début rien ne poussait sur ce terrain qui ressemblait plus à un parking qu’à un potager…

On s’est essayé à différentes techniques de culture, on a travaillé le sol, construit des buttes et finalement aujourd’hui le terrain ressemble à une forêt vierge avec des herbes sauvages ! Je n’ai pratiquement plus besoin de m’en occuper : j’ai cultivé de nombreux fruits et légumes qui poussent très bien.

J’avais aussi récupéré des graines de citrouille que j’avais juste lancées dans la terre… et quelques mois plus tard, d’énormes citrouilles avaient poussé, ce qui avait bien fait rire mes voisins !

Quelle est ton activité actuellement ?

Vu que je suis dans ma troisième année de congé parental non rémunérée, je travaille deux fois par semaine pour l’Université d’Etudes Environnementales de Tottori où je parle en anglais avec des étudiants, malgré mon très faible niveau d’anglais !

Les échanges se font actuellement en visioconférence mais ce que j’adore, c’est que ces étudiants viennent dans cette Université apprendre l’écologie. Je peux notamment leur parler de mon intérêt pour la permaculture et j’essaie de leur donner des pistes de lecture comme le livre « La révolution d’un seul brin de paille » du Japonais Masanobu Fukuoka, le « père » selon moi de la permaculture. Je suis très content de pouvoir parler de sujets qui me passionnent !

Et d’après toi, où en est l’écologie au Japon ? Est-ce que ce sujet intéresse les Japonais ?

Je pense qu’ils sont très en retard en ce qui concerne l’écologie.

Le Japon est le pays idéal du capitalisme, la plupart des gens sont complètement endormis par la consommation.

Quand je demande aux étudiants quels sont leurs hobbies, ils me répondent : Youtube et les jeux vidéos ! Et lorsque j’aborde avec eux le sujet de l’écologie en profondeur, ils abandonnent car ils me disent que c’est trop compliqué pour eux ; je ne sais pas si c’est à cause du vocabulaire ou si c’est parce qu’ils ne maîtrisent pas le sujet….

Ce qui est intéressant, c’est d’arriver à générer un débat alors qu’ils n’ont pas l’habitude de débattre.

J’ai vu sur ta page Facebook que tu avais accompagné l’équipe de France d’escalade dans sa préparation des Jeux Olympiques à Tottori… Peux-tu nous en dire plus ?

En fait c’est arrivé par une série de coïncidences… Des personnes de la préfecture sont venues me voir car ils cherchaient des gens qui pouvaient traduire le français. On est seulement une dizaine de Français sur Tottori !

Il fallait traduire un manuel qui définit des procédures d’accueil de sportifs dans le cadre de la situation sanitaire actuelle : pas de sorties de l’hôtel, test PCR tous les jours, pas de contact avec les Japonais…

Avec mon épouse, nous avons traduit ce manuel et ensuite on m’a demandé si je pouvais être là pour accueillir l’équipe de France d’escalade qui devait passer une semaine de préparation à Tottori avant de partir pour les Jeux Olympiques. Il y a de très bonnes infrastructures ici pour la pratique de l’escalade…

Au début, ils avaient proposé à deux autres Français de venir pour faire la traduction et que l’on puisse se répartir le travail mais ils se sont désistés faute de temps.

Je me suis donc occupé de l’accompagnement de cette équipe une partie de la semaine avant les J.O (j’avais mes deux jours de travail à l’Université).

L’équipe de France d’escalade

J’ai passé une semaine géniale avec une équipe très sympathique et accessible. Vu que leurs déplacements étaient limités, j’ai essayé « d’amener le Japon jusqu’à eux » en m’organisant avec le chef cuisinier pour qu’il leur propose des spécialités culinaires de Tottori : boeuf, fruits de mer, seiche… Et un ami qui cultive du vin des sables de Tottori : https://vinsdessables.com, nous a offert quelques bouteilles de son vignoble !

J’avais aussi apporté des Yukata, des vêtements traditionnels japonais que les athlètes ont porté avec plaisir. Ils étaient enchantés par leur semaine passée ici ! On était tous très émus à la fin, des liens très forts se sont tissés avec eux.

Ton congé parental se termine bientôt… Quels sont vos projets ?

Une chose est sûre : nous ne reviendrons pas vivre à Tokyo !

Mon congé parental se termine en mars 2022 et mon épouse a finalement démissionné de son poste au lycée et trouvé un emploi de documentaliste près de chez nous. Elle très heureuse de vivre ici en mode « slow life », en plus on vit à 15 minutes de chez sa mère !

L’idée serait de vendre notre maison à Tokyo et que je revienne travailler au LFI encore cinq à dix ans pour avoir assez d’argent de côté pour tenir jusqu’à la retraite… Nous n’avons pas de crédit et nous avons très peu de dépenses en vivant à Kurayoshi.

En parallèle, j’ai le projet de faire découvrir la préfecture de Tottori et sa région du Chugoku qui est magnifique mais peu connue des voyageurs. Il y a de nombreuses légendes qui parlent de cette région notamment de la préfecture de Shimane et qui sont liées à la création du Japon… C’est aussi une superbe région pour faire de la randonnée. Je pense que les premiers visiteurs qui pourraient être intéressés, ce sont les expatriés qui habitent Tokyo ou Osaka et qui vont souvent à Hokkaido ou Okinawa

On s’occupe aussi d’aménager une partie de la maison pour en faire un appartement afin d’accueillir les visiteurs. Idéalement, on aimerait partager notre maison et accueillir une famille avec qui on pourrait cultiver les champs ! J’en ai d’ailleurs parlé à Pierre que tu as interwievé dans le cadre de son projet de documentaire « Wara Nihon » et qui après son voyage en voiture mobile à travers le Japon, a le souhait de pratiquer une activité liée à la nature comme l’agriculture.

Est-ce que la France te manque ? Et te vois-tu un jour y revenir vivre avec ta famille ?

Il y a trois choses qui me manquent : la famille, les amis et leurs enfants dont mes deux filleuls… et le Jura !

Je ne suis pas retourné en France depuis 2015 mais avec la technologie, je peux voir ma famille quotidiennement. Par contre, c’est compliqué de garder des amitiés quand on ne se voit plus…

Concernant le Jura, j’ai quand même retrouvé à Tottori certaines similitudes avec ma région natale mise à part la mer qu’il n’y a pas dans le Jura : une région peu habitée, avec des forêts, des montagnes,… et des virages !

Mais le principal, c’est que je sois avec mes enfants ; c’est le centre de tout pour moi ! On est en train de les éduquer de façon à ce qu’ils deviennent des adultes en capacité d’accomplir ce qu’ils auront envie de faire et surtout d’être heureux. Je crois en l’exemplarité et je fais en sorte de fixer des choses dans leur inconscient à la manière d’une « Madeleine de Proust« , avec des gestes, des odeurs, des couleurs dont ils se souviendront plus tard…

Pour finir, quels sont tes endroits préférés à Tottori et au Japon en général ?

Nous avons eu avec mon épouse une vraie émotion à Hokkaido où nous avions voyagé en mode voiture/tente à l’époque quand nos filles avaient un et trois ans : paysages magnifiques et sauvages, des onsen et un calme omniprésent.

À Tottori, beaucoup diront qu’il faut aller voir la dune, qui est un endroit sympa…

Dune de Tottori

…mais j’aime aller randonner au mont Mitoku connu pour abriter le temple dont l’accès est le plus dangereux du Japon, ainsi que la plage de Nariishi no hama et ses couchers de soleil.

Et bien sûr je recommande de visiter la vieille ville de Kurayoshi, que l’on peut retrouver dans le manga « Quartier lointain » de Jirô Taniguchi – qui est de Tottori, et enfin, le onsen gratuit qui se trouve dans la rivière à Misasa, un endroit incontournable pour rencontrer et discuter avec les habitants du coin.

J’ai aussi adoré les cascades de Kawazu dans la péninsule d’Izu, qui me font penser à la cascade du Hérisson dans le Jura…

Mais au-delà des endroits magnifiques que l’on peut voir au Japon, ce qui m’intéresse ce sont les rencontres avec les gens, les contacts humains…

Merci Farid pour ton témoignage passionnant ! A bientôt à Tottori !

Vous pouvez suivre Farid sur internet et les réseaux sociaux :

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Instagram : https://www.instagram.com/zerokarapermaculture/ https://www.instagram.com/visittottori/

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