L’art du massage Kobido avec Virginie, expatriée Française à Nagoya

Arrivée à Nagoya en début d’année dernière avec son mari et ses deux jeunes enfants, Virginie est en pleine reconversion professionnelle pour devenir praticienne Kobido, un art du massage facial traditionnel japonais, formée par le Maître japonais Shogo Mochizuki. Dans ce témoignage, elle se livre sur son parcours, sa nouvelle vie d’expatriée ainsi que sur son projet « wHoUman » tourné vers la santé naturelle.

Virginie, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Je m’appelle Virginie Mauz, j’ai 29 ans et j’ai grandi entre Grenoble et la Haute Tanrentaise près de la frontière italienne.

Je suis partie de chez moi à 18 ans pour étudier à Paris. Et dans le cadre de mes études, j’ai habité un an à Vancouver au Canada où il y a une énorme communauté asiatique ; cette expérience a été ma porte d’entrée sur l’Asie. C’est à Vancouver que j’ai découvert la cuisine japonaise. D’ailleurs, il paraît que les sushis sont meilleurs qu’à Tokyo dixit une Japonaise de Vancouver !

A mon retour à Paris et après des études à Sciences Po, j’ai commencé à travailler dans l’urbanisme.

Mon leitmotiv a toujours été d’avoir un travail qui a du sens, d’avoir un impact sur les gens mais à Sciences Po, ce n’est pas très facile de faire le pas vers l’individu. Dans l’urbanisme, je me disais qu’agir sur le cadre de vie des gens pouvait être un bon moyen d’y arriver. Mais je me suis vite rendue compte que cette voie n’allait pas assouvir mon besoin de contact humain !

J’ai un peu joué le jeu pendant cinq ans en y trouvant parfois un vrai intérêt intellectuel. Puis avec mon mari, nous avons décidé de quitter Paris pour habiter à Lyon.

Il est ingénieur dans l’automobile et il avait eu un vrai coup de coeur pour le Japon lors de ses déplacements professionnels.

En partant à Lyon, il avait rejoint une entreprise japonaise en se disant qu’il aurait peut-être l’opportunité d’aller travailler au Japon.

Et c’est ce qui est arrivé au moment où j’étais enceinte de mon deuxième enfant ! C’est ainsi que nous avons déménagé à Nagoya en janvier 2020…

De ton côté, tu avais aussi l’envie de partir vivre au Japon ?

C’était pour moi l’occasion de me lancer dans une reconversion professionnelle vu que je suis actuellement en congé parental d’éducation, mais je n’étais pas très renseignée sur le Japon.

Ce qui m’intéressait par contre, c’était les arts ancestraux japonais.

J’étais assez ouverte et c’était vraiment l’occasion de me questionner sur ce que je voulais faire ; je savais que cela allait être autour d’un métier manuel. J’avais d’abord pensé à la poterie ou un autre métier artisanal.

J’ai aussi toujours eu un attrait personnel pour le soin à la personne et c’est à Lyon chez une esthéticienne que j’ai découvert le Kobido, mais j’ai su plus tard que ce n’était pas un « vrai » massage Kobido !

Peux-tu nous parler du Kobido ?

Le Kobido a été fondé en 1472 par des maîtres de massage Amma qui est le massage traditionnel japonais issu de la médecine traditionnelle chinoise.

C’est un soin facial énergétique continu, très fluide avec beaucoup de techniques de lissage et de percussion. Il est à la fois esthétique, liftant et dynamisant mais aussi thérapeutique avec de la réflexologie faciale. De nombreux clients sont dans un état de relaxation totale à la fin du soin. Et le praticien Kobido est dans un état méditatif à la fin de la séance qui dure entre 45 et 90 minutes.

Le Kobido, c’est aussi un art, le kanji « Do » est d’ailleurs le même que pour le Judo ou que l’Aikido.

C’est une formation très longue pour arriver à un niveau qui permet de réaliser un soin complet.

Je n’ai donc pas perdu de temps : deux mois après notre arrivée au Japon, j’ai pris rendez-vous avec le maître Kobido Shogo Mochizuki, qui fait partie de la 26ème génération de maîtres Kobido et qui est une référence mondiale.

Je savais qu’il formait des apprenti(e)s et j’étais très intéressée par cette formation.

En fait, c’est lui qui m’a recontacté trois semaines plus tard pour me faire une proposition !

Il m’a proposé de me former gratuitement en échange de mon aide en traduction anglais-français pour du sous-titrage de vidéos, de la traduction de manuels d’apprentissage ou même pour répondre à des mails de Français jusqu’à ce qu’il recrute une personne pour le faire. Il m’a aussi demandé de l’aide pour le recrutement de cette personne ! C’était un arrangement qui nous convenait à tous les deux.

Que peux-tu nous dire sur Shogo Mochizuki, ce maître Kobido ?

L’idée du maître Shogo Mochizuki est de sauver son art.

Son maître avant lui n’a eu que trois apprentis et il y a très peu de praticiens au Japon.

Il a vécu vingt ans aux États-Unis et il a senti l’attrait occidental pour l’art japonais. Avec l’engouement pour les soins faciaux et le dynamisme du marché mondial de l’esthétique, il ne voulait pas que son art se perde dans la masse et s’est dit que le Kobido y avait toute sa place.

L’essentiel de ses apprenti(e)s sont occidentaux et notamment européens.

Il vient d’ailleurs de certifier deux instructrices à Paris et à Colmar.

Shogo Mochizuki a dû adapter son système d’apprentissage en développant une formation en ligne techniques par techniques, et il a commencé aussi à faire du coaching en ligne.

Il a réussi à bien structurer son enseignement en gardant une exigence dans sa formation.

Car l’apprentissage typique d’un art au Japon, c’est dix ans minimum (il faut compter encore dix ans pour devenir maître). C’est le système du Shokunin, l’Artisan, considéré comme Trésor National Vivant, reconnu pour sa maîtrise parfaite et la qualité de sa transmission … qualité qui a pour corollaire une temporalité extraordinairement longue pour nous Européens ! 

Où en est ta formation ?

J’en suis au niveau 3 sur 4 pour être praticienne.

Cela fait maintenant un an et demi que j’ai débuté la formation et j’espère être certifiée au printemps 2022.

Mais le maître ne délivre pas la certification automatiquement car on doit pour cela passer une semaine avec lui à Tokyo pour qu’il nous évalue.

Je pratique tous les jours entre une demi-heure et une heure. Je fais aussi des cours de session de deux heures sur Zoom en petit effectif avec le maître.

Crédits photos : (c) Ben Weller

As-tu déjà rencontré le maître Shogo Mochizuki ?

Non pas encore ! Son studio est à Tokyo et avec la pandémie du Covid-19, il n’a aucun contact direct avec ses élèves. D’autant plus qu’il a des problèmes de santé…

Et en même temps, il cultive un peu le mystère. Même lors des formations en ligne, on ne voit que ses mains !

Et pourtant, nous sommes très proches et je l’ai régulièrement au téléphone…

Mais pouvoir le voir et le rencontrer, c’est finalement une étape dans la formation !

As-tu pris des cours de japonais ?

Avant de partir, j’avais commencé à apprendre la langue avec la méthode Assimil, une heure par jour pendant trois mois.

Et sur place, j’ai pris des cours intensifs à l’école internationale de langues « Nagoya Kokusai Gaikuin » pendant trois mois, 18 heures par semaine.

J’ai pu bénéficier d’un forfait dans le cadre de l’expatriation de mon mari mais je voulais vraiment un apprentissage intensif sur quelques mois plutôt que réparti sur une année.

Et j’ai trouvé cette école qui a accepté et qui est assez flexible surtout pendant cette période de pandémie.

Bien sûr, ils préfèrent que l’on prenne des cours sur un an, mais il ne faut pas hésiter à négocier et à demander à payer mois par mois.

Ces cours étaient indispensables pour la vie quotidienne, c’était un plaisir de pouvoir par la suite communiquer plus facilement avec les gens.

Et les personnes que j’ai rencontré dans cette école ont été mes premiers contacts et mes premières relations amicales que je me suis faites depuis mon arrivée.

Comment s’est passée votre installation à Nagoya ?

L’année dernière a été très dure, en plus j’arrivais avec un nouveau-né de quatre mois et cette période n’a pas été facile à titre personnel.

Heureusement, on avait fait appel à une fille au pair qui est venue vivre avec nous les six premiers mois. C’est une Française qui connaissait le Japon et qui avait un bon niveau de japonais. Elle nous a beaucoup aidé !

Elle est restée jusqu’au moment où j’ai eu une place en crèche japonaise pour mon fils, mon aînée étant à l’école maternelle internationale.

Ce n’est pas commun pour les expatriés mais je recommande de faire la démarche pour avoir une place en crèche japonaise car n’importe qui peut en faire la demande. Il y a un système de critères et même si je ne travaillais pas, je pouvais justifier de plus de 16h de cours par semaine à l’école japonaise.

Par contre, il faut s’accrocher car ne parlant pas très bien japonais, j’ai dû revenir six fois à la mairie d’arrondissement où on me posait de nombreuses questions intrusives ! J’ai su plus tard qu’on pouvait faire appel à un interprète mais sur le moment, je ne me suis pas sentie beaucoup aidée…

Et finalement à ma grande surprise, j’ai réussi à avoir cette place en crèche ! J’ai pu ainsi me consacrer pleinement à ma formation.

As-tu eu des difficultés pour t’intégrer et faire des rencontres depuis votre arrivée ?

Au début, je n’ai pas voulu fréquenter la communauté d’expatriés, car j’avais un rêve d’intégration qui était peut-être un peu loin de la réalité.. je pensais qu’en apprenant la langue et en évitant de m’enfermer dans une communauté française ou francophone, j’allais pouvoir m’intégrer plus facilement.

Et je me suis rendue compte que tisser des liens avec les Japonais n’étaient pas forcément évident… Mais avec le temps, j’ai finalement pu faire de belles rencontres !

J’ai l’exemple de ma boulangère Japonaise qui a appris la boulangerie en France, qui parle parfaitement français et qui est adorable. Par son intermédiaire, j’ai pu rencontrer une de ses clientes japonaises que j’ai vu chaque semaine pendant un an ! Elle m’apprenait le japonais et je lui apprenais le français alors qu’on avait de petits niveaux toutes les deux ; c’était un vrai échange culturel avec cette personne qui n’était jamais sortie du Japon !

Ensuite, j’ai commencé à organiser des « Kobido Camps » où je pratique le soin sur modèles réels. J’ai pu rencontrer pleins de gens sympathiques, des étrangers expatriés et des Japonais.

J’avais communiqué sur le groupe des expatriés de Nagoya en indiquant que je cherchais des modèles réels pour pratiquer et cela a très bien marché… j’ai dû rencontrer plus de 30 modèles !

J’ai notamment fait la connaissance d’Elisa, une Suisse mariée à un Japonais qui est devenue une très bonne amie.

Elle gère une guesthouse (maison d’hôtes) à Tokoname, une ville au sud de Nagoya qui est l’un des plus anciens centres de poterie du Japon. J’ai aussi découvert qu’il s’agissait d’une communauté un peu alternative dans le grand Nagoya.

Ils ont un mode de vie très atypique pour le Japon ; ils travaillent avec des petits producteurs locaux, des artisans et des restaurateurs qui organisent de nombreux évènements.

C’est une communauté qui veut sortir du modèle « salary man », qui ouvre des guesthouse, qui reprend des lieux abandonnés…

Que penses-tu de la ville de Nagoya ?

De par mon passé d’urbaniste, je n’ai pas trouvé que c’était une ville très intéressante au niveau architectural surtout si on compare à d’autres villes comme Kanazawa par exemple.

Nagoya avec sa préfecture Aichi est aussi le poumon industriel du Japon avec beaucoup de travailleurs étrangers peu qualifiés, ce qui en fait une ville qui est assez conservatrice où l’intégration n’est pas forcement facile. Et le cas des Français et des Européens en général est particulier. Nous sommes peu nombreux contrairement à des villes comme Hiroshima ou Kyoto et se faire un réseau ici, c’est très compliqué !

A côté de cela, il y a des lieux comme Tokoname où il y a une communauté de gens très ouverts…

Comment ton mari vit-il cette expatriation ?

Mon mari est comme dans un poisson dans l’eau ! Il vit son rêve de la vie japonaise. Il se sent « Japonais dans l’âme ».

Et même s’il travaille plus qu’en France en terme d’horaires alors qu’il est dans la même entreprise, il a la chance d’avoir sept semaines de congés par an, on a donc l’occasion de pouvoir en profiter pour visiter le maximum de lieux au Japon.

Auriez-vous envie de rester vivre au Japon ?

Le contrat de mon mari dure trois ans mais à cause de la rentrée scolaire, on risque de ne rester que deux ans et demi.

Mon mari aimerait que l’on reste plus longtemps mais de mon côté, même si j’ai fais de belles rencontres et que j’aime la culture japonaise traditionnelle, je ne m’y verrais pas y vivre plusieurs années. Je suis jeune maman, c’est important que mes enfants soient en lien avec notre famille.

Dans le même temps, j’aimerais bien garder des connections avec le Japon, et pouvoir faire vivre l’art du Kobido ailleurs, combiné à la pratique de l’herboristerie dont je vais commencer une formation à distance en octobre.

Je suis en plein dans mon projet de création d’entreprise mais j’attendrai de revenir en France pour vraiment me lancer.

Peux-tu nous parler de « WhoUman » ?

C’est le nom de mon blog mais ce sera sûrement aussi le nom de mon entreprise.

J’ai choisi ce nom car c’est un jeu de mots entre la femme (Woman) et l’humain (Human).

Il y a quelque chose de très féminin dans l’art du massage et du soin à l’autre mais il a aussi vocation à s’adresser à tous les humains. Les hommes peuvent bien sûr être massés dans le cadre du Kobido mais il faut qu’ils soient rasés de près car avec une barbe, c’est plus compliqué !

Je viens aussi de lancer ma chaîne Youtube mais je suis en période d’expérimentation, pour voir de quelle façon je peux toucher et intéresser les gens.

Et comment vas-tu lier l’art du Kobido avec l’herboristerie ?

Le Kobido au niveau avancé, c’est un soin thérapeutique en médecine traditionnelle japonaise, qui est d’abord un diagnostic.

Et l’herboristerie, qui est une pratique de l’utilisation des plantes pour un usage thérapeutique, a la même philosophie que le Kobido.

Il y a un lien thérapeutique, beauté et bien-être entre le soin et l’usage des plantes.

Et il y a une autre raison plus pratique : dans le Kobido, on est obligé d’utiliser des produits sur le visage car on ne peut pas faire des massages à sec. Donc autant utiliser des produits sains et naturels faits maison. J’aimerais beaucoup travailler sur une cosmétique plus saine.

Comment vois-tu ton retour en France ?

Le Japon m’a offert un recul et m’aura laissé le temps de rechercher l’identité de mon projet qui est aujourd’hui bien avancé.

Et une chose que l’on adore au Japon et qui fait que l’on ne reviendra pas vivre en ville en France, c’est le calme… On habite quand même à Nagoya qui est la troisième grande métropole du Japon et pourtant à 18h nous n’avons pas un bruit !

A la base j’ai un côté très urbain, très citadin mais aujourd’hui on a un sentiment de sérénité au Japon qui est très plaisant et j’essaie d’en profiter chaque jour…

Du coup pour notre retour en France, on a un projet d’achat immobilier à la campagne mais proche de la ville ; je me verrai bien travailler deux jours par semaine en ville et le reste du temps développer mon activité à partir de chez moi.

Je souhaiterais travailler dans des centres de santé naturelle et espaces de co-working, et rejoindre une coopérative d’entrepreneuriat.

On aimerait bien aussi se lancer dans une aventure d’habitat participatif avec une autre famille. L’idéal serait d’avoir un cabinet partagé, un lieu de soins, avec une personne qui partage cette philosophie de vie.

Le Japon nous donne cette inspiration pour tous ces projets. On a envie de transposer ce calme et cette sérénité dans notre vie future.

Dernière question : quels sont les endroits que vous avez pu visiter et quels sont tes préférés ?

Au début, vu qu’on a deux enfants en bas âge, on a privilégié les road trip d’une semaine au départ de Nagoya vers le centre du Japon et la zone du lac Biwa : Nara, Kyoto mais aussi les endroits un peu moins touristiques au Nord du lac jusqu’à Kanazawa.

Pour les amateurs de randonnée, je conseille l’ascension assez difficile du Mont Aka, mais qui en vaut la peine, avec un magnifique panorama (Mont Fuji, rizières en fond de vallée) !

Le sommet du mont Aka

A Kanazawa dans la préfecture d’Ishikawa, il y a mon jardin zen préféré : Kenroku-en, l’un des trois plus beaux jardins du Japon.

Dans la préfecture de Gifu, j’ai bien aimé la ville de Takayama. Une excursion indispensable et un bel exemple de ville entre tradition et modernité !

Je conseille aussi la promenade dans le quartier de Kurokabe qui est le centre historique de la ville de Nagahama (préfecture de Shiga) avec des magasins d’antiquités, de poteries et d’artisanat textile… A visiter en combiné avec Hikone pendant la période des Sakura.

Quartier de Kurokabe

Nous avons aussi visité les alentours de Nagoya comme Gamagori avec le sanctuaire Yaotomi sur l’île de Takeshima.

Mon endroit secret : Otaki Valley avec ses gorges magnifiques, qui d’après moi valent plus le coup que le populaire mais trop fréquenté Korankei (Toyota shi) lors des feuillages d’automne….

Et récemment nous sommes allés aux deux pôles extrêmes du Japon : Okinawa et Hokkaido.

Merci Virginie pour ton témoignage très inspirant ! A bientôt à Nagoya ou… en France si vous revenez !

Vous pouvez suivre Virginie sur son blog et sur les réseaux sociaux :

Blog : https://whouman.com/category/blog/

Instagram : https://www.instagram.com/whoumanity/

Facebook : https://m.facebook.com/whoumanhood

Chaîne Youtube : https://m.youtube.com/channel/UCOGccqhz0aPTFEFFW5cuSAg

* crédit photo image à la une : (c) Ben Weller

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